Parmi les emblèmes français, le coq dit « gaulois » figure en bonne place ! et pourtant ! que nous dit Anne Lehoërff, préhistorienne :

« Le bestiaire gaulois pourtant riche ne comporte ni coq ni oiseau qui pourrait s’y apparenter ! L’animal emblématique gaulois est le sanglier, que l’on trouve sur de nombreux supports !

 L’origine est Romaine ! En latin, Gallus signifie aussi bien le Gaulois que le gallinacé ! le jeu de mot est facile et est très vite adopté par les Romains qui associent les deux , sans pour autant en faire un emblème de la Gaule !

Au 12é siècle ( bien loin donc des Gaulois) gallus et Gallus sont  à nouveau associés dans une littérature pamphlétaire qui cherche à qualifier de vaniteux le roi Philippe Auguste. La France pour sa part opte pour la fleur de lys aucunement le coq. Puis les deux termes se perdent. Jusqu’au 18è s le coq est nomme  » jal ». Ensuite le mot  » coq » apparaît et le calembour est oublié.

Néanmoins François 1er offre au coq une place dans le bestiaire royal au côté de la salamandre. La redécouverte de l’Antiquité à la Renaissance joue un rôle certain. Au 17ès le coq a gagné ses lettres de noblesse dans la France moderne ! La Révolution ne le détrône nullement et il incarne la République, présent au revers des monnaies où il représente la vigilance. Supplanté un temps par l’aigle napoléonien, il surmonte tous les aélas politiques du 19ès. On croit alors, comme de nos jours, que le coq est bien gaulois, au moment où l’on promeut la figure de Vercingétorix comme héros fondateur. Le gallinacé est présent partout, symbolisant les vertus patriotiques jusque sur les monuments aux Morts et, plus récemment sur les vêtements des sportifs français ! Le coq n’a pourtant rien de gaulois  ! « 

L’ histoire est toujours passionnante à apprendre car on y découvre que nombre de certitudes et de clichés sont romancés !